F20 – Anna Kozlova

Ce livre m’a été gentiment envoyé par les éditions Stéphane Marsan, dans le cadre d’une masse critique Babelio, et je les en remercie chaudement. Malheureusement je n’ai pas du tout aimé ma lecture, et je suis désolée de la chronique négative que je vais fournir. On m’a demandé d’écrire mon avis, quel qu’il soit, donc je vais le faire, mais il faut savoir que je n’aime pas dire du mal d’un livre. J’ai un immense respect pour les écrivains car ils font des choses que je suis moi-même incapable de réaliser. Cependant F20 et moi n’avons pas accrochés, et voici pourquoi.

Je pense que c’est le résumé du livre qui est à l’origine de ma déception. Je m’étais fait une idée du genre de roman que j’allais lire, sur l’ambiance que j’allais y trouver, le ton employé, et je faisais erreur, du coup j’ai été déçue. Je pensais qu’on allait suivre une jeune femme et voir l’évolution de sa maladie. Je pensais qu’elle allait comparer sa situation à sa jeune sœur, mais surtout je m’attendais à un roman contemporain, un univers disons commun, une ville traditionnelle, des voisins standards… Je pensais qu’on allait voir le malaise et le malheur d’une jeune femme dans un univers disons sain, dans lequel nous pouvons tous nous identifier. Mais ce n’est pas ce que j’ai eu. C’est ce qui m’a le plus perturbée dans ce roman : tous les personnages ont quelque chose qui cloche. Youlia est schizophrène, sa sœur aussi, sa mère est dépressive, son père est un Don Juan colérique qui a failli brûler vive sa femme, sa grand-mère est alcoolique, les copines de sa grand-mère aussi, son petit-ami est suicidaire, son beau-père est schizophrène, la mère de son copain trompe son père, tous les personnages boivent comme des trous, y compris les mineurs… c’est du grand n’importe quoi. J’ai trouvé que c’était trop. Vraiment trop, je n’ai pas trouvé ça crédible, pour moi c’est une parodie. De quoi je ne sais pas mais c’est une parodie. Ce n’est pas possible statistiquement d’avoir un environnement pareil. Je n’y ai pas cru et pour moi la base du livre en devenait bancale. Honnêtement je me suis demandé si l’autrice aimait son pays. Elle le dépeint d’une façon tellement déplaisante que je me demande quelle image elle a de son propre pays. Je ne connais pas la Russie mais je ne peux pas croire que tous les habitants ont des tares énormes comme ça.

Je n’ai pas cru à la description de son univers et de ses personnages, et du coup je ne me suis pas attachée à eux non plus. Et c’est assez pénible de lire un roman où aucun personnage ne vous intéresse. J’ai trouvé ça long et laborieux à lire, et si ce n’était pas pour Babelio, j’aurais abandonné ma lecture. Youlia n’est pas attendrissante, pas drôle, pas profonde, je n’ai établi aucun lien avec elle ou un autre personnage, parce que je n’ai pas cru en eux. Sa sœur tient des propos d’adultes et a des réflexions très matures alors qu’elle n’a même pas dix ans. Ce n’était pas du tout crédible non plus. Tous les personnages sont à côté de la plaque. Finalement celui qui formule les remarques les plus claires et les plus sages c’est le copain de sa maman, qui est lui aussi schizophrène. Alors sur la quatrième de couverture quelqu’un a écrit que ce roman faisait réfléchir à qui est vraiment sain d’esprit, et à ce qu’est réellement la folie. Est-ce pour ça que tous les personnages présentés sont malades ou alcooliques ? Franchement si je n’avais pas lu cette critique sur la couverture je n’y aurais même pas pensé. Ça ne saute pas aux yeux dans la mesure où ils sont TOUS comme ça et qu’il n’y en a pas un pour rattraper les autres.

Ce qui accentue cette sensation c’est aussi que le roman n’est finalement pas axé sur Youlia. L’histoire est écrite à la première personne, on suit Youlia du début à la fin, mais en fait on ne la voit que très peu. L’accent est plutôt mis sur sa famille et son entourage, et non sur elle. On nous parle de ses voisins, de sa grand-mère et de ses copines, des multiples femmes de son père, de la vieille femme dont elle s’occupe, mais assez rarement d’elle. Il y a tellement de passages où l’autrice parle de la vie des autres personnages que Youlia passe du statut de narratrice et d’héroïne au statut de simple témoin. Elle observe la vie des autres, mais ne nous raconte finalement que peu de choses sur elle. Et ce n’est pas ce que m’avait promis le résumé. On oublie bien trop souvent cette jeune fille, et ce n’est pas ce que je voulais lire. Je voulais qu’on s’axe plus sur elle, sur son ressenti, sur sa façon de vivre sa maladie, sa perception d’elle-même… Il y a trop de scènes inutiles qui ne parlent ni de Youlia ni de schizophrénie, qui sont pourtant les deux points essentiels dont nous parlait le résumé.

Pour ce qui est du traitement de la schizophrénie, si je trouve que les passages sont peu nombreux, j’ai quand même aimé la façon dont la maladie est présentée. Je ne suis pas une experte en maladies mentales, j’ai tendance à confondre tous les symptômes et toutes les représentations (oui je sais c’est pas bien mais je suis une infirmière de dialyse moi ! ^^) donc je ne peux pas dire si les symptômes et les crises sont exactement présentées. Ce que je peux dire c’est que j’ai aimé la façon dont la maladie est traitée. Déjà elle est bien présentée comme une maladie. Youlia est malade, elle est victime d’une pathologie sur laquelle elle ne peut pas agir. A aucun moment elle est présentée comme folle, elle est tout simplement malade. Et c’est agréable car souvent les maladies mentales sont mal connues et les patients atteints sont victimes de préjugés négatifs. J’ai aimé comment la maladie est présentée, décrite, comment les visions apparaissent, les justifications que Youlia et sa sœur élaborent pour ancrées ces visions dans leur réalité. Des justifications qu’elles trouvent logiques ! Son bras ne répond plus, c’est une des voix qui le contrôle, il faut donc le couper ! C’est logique pour elle, le raisonnement est bon et c’est le choix juste qu’elle doit faire. Tout ce qui touche à la schizophrénie de Youlia est raconté sans jugement, et j’ai beaucoup apprécié ça. Malheureusement ce point positif n’a pas suffit à me faire apprécier ce roman. Je l’ai globalement trouvé décevant, long, et peu attractif. Cependant il faut savoir qu’il a reçu un prix en Russie, je ne pense donc pas que c’est un mauvais roman. Je pense juste que lui et moi ne sommes pas faits l’un pour l’autre ^^. Je ne suis pas le public pour ce livre, mais je suis certaine qu’il plaira à d’autres. Il a d’ailleurs récolté un 16/20 de la part d’une lectrice de Livraddict.

EN BREF : Le thème de la schizophrénie est très intéressant, et la maladie est toujours présentée de façon objective, sans jugement, sans parler de folie, c’est appréciable. Cependant je n’ai pas aimé ma lecture. Les personnages sont caricaturaux, pas crédibles, pas attachants, et Youlia qui était l’héroïne de l’histoire devient simple témoin. La Russie n’est pas mise à l’honneur ici. Une déception pour moi.

F20 Fiche Livraddict.

2 réflexions sur “F20 – Anna Kozlova

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