Minuit moins cinq sur l’horloge de l’apocalypse – J. Leander

Les éditions Humbird & Curlew m’ont proposé de lire un de leur roman prometteur, je leur remercie pour leur confiance et pour l’ebook.

Quand j’ai lu le résumé du roman en question, certains passages m’ont charmée, et j’avais envie de le découvrir :

J. Leander vous invite à vous mettre dans la peau d’un être abjecte, à penser comme lui, à agir et à sombrer comme lui. Et qui sait ? Peut-être vous ressemble-t-il plus que vous ne le croyez ?
Nous sommes fiers de publier cet ouvrage caustique et acide comme nous les aimons, une sorte d’American Psycho aussi moderne que français, avec toute une tripotée de personnages que vous adorerez haïr !

Découvrir un roman qui se compare à American Psycho, avec un héro antipathique, voir un antihéros, des personnages détestables… c’est assez original, je n’ai pas trop l’habitude de lire ce genre de livres mais c’est un principe qui me plaît, alors je me suis laissée tenter.

Malheureusement j’ai été très déçue de ma lecture, je n’ai pas vraiment aimé ce livre, et plein de choses m’ont déplu. Bon j’étais prévenue, il me fallait une bonne dose de second degré pour apprécier le livre. OK, mais je ne m’attendais pas à ça. Je pensais trouver de l’humour noir et un héros atypique mais pas comme ça. Surtout qu’on m’a promis un livre à la Amercian Psycho, un chef d’oeuvre en film, et un livre bien trop dérangeant pour que je le termine, un truc fort quoi. J’avais cette image là en tête, je pensais retrouver un peu l’idée ou l’ambiance, mais je n’ai pas eu ça. Le héros Sébastien est très loin de Patrick Bateman quand même, là c’est une sorte de beauf méprisable, obsédé au comportement pas très logique. Second degré ne veut pas dire blague de Q non stop quand même. Je commence par ça parce que c’est ce qui m’a le plus agacée. Les blagues sous la ceinture ça va 5 minutes, pas sur 200 pages quoi. Franchement je n’aime pas du tout lire ça, je suis désolée je ne veux pas paraître prétentieuse ou quoi mais quand j’ouvre un livre je m’attends à trouver du contenu un peu plus… intéressant.

Le second degré j’ai essayé de le garder en tête pendant toute ma lecture, j’ai essayé d’être ouverte d’esprit et de ne pas me choquer à chaque page. J’avoue que je suis plus friande de ce genre de chose IRL parce que les intonations, l’attitude de l’interlocuteur aide mieux à comprendre que c’est de l’humour que dans un livre, mais j’ai essayé. Et c’était pas facile, parce que dans ce roman à chaque page on a un truc politiquement incorrect, raciste ou autre. C’était un peu lourd et pas évident pour moi à prendre au second degré. Après ça gênera peut-être moins d’autres lecteurs plus expérimentés du genre, mais personnellement je préfère pratiquer ça dans la vraie vie quand les intentions sont plus facilement compréhensibles.

Je dois quand même admettre que certains passages m’ont faite sourire, voir rire, notamment sur le collègue de Seb et son arme, n°1 des ventes, ça j’ai adoré. Et si on arrive à faire abstraction des maladresses de la forme, le fond est plutôt intéressant. On y parle de sujet importants et actuels, comme le commerce des armes, des enfants armés, de pauvreté, de charité etc. Il y a des messages vraiment intéressants, et je vois l’effort. Mais ça n’a pas pris avec moi, parce que malheureusement le texte, l’histoire et les personnages ne vont pas, tout est trop, et ce n’est pas crédible. Et j’ai besoin que le tout soit stable pour apprécier tout le roman. Le patron de Seb par exemple, c’est n’importe quoi ce personnage. C’est une critique, une caricature ce que vous voulez, j’ai bien compris l’intention, mais il me faut un peu de crédibilité je suis désolée, du moment qu’on me promet un « thriller » et une « satire sociale » je m’attends à un minimum de sérieux. Personne ne croit à ce patron. Il est irréel et chimérique cet homme. Dans la vraie vie ça n’existe pas. La scène avec sa femme, ou les raisons d’aider Seb à s’en sortir, ce n’est pas crédible du tout. Et ça casse tout ce que l’auteur essaie de mettre en place à mes yeux. Moi j’aurais voulu suivre les aventures d’un connard tueur en série si vous voulez, mais un connard qui peut exister réellement, un mec qu’on peut tous croiser (comme dans… Amercian Psycho). Là ça aurait eu plus d’impact, et ça aurait été vraiment plaisant et intéressant à lire.

Et il n’y a pas que les personnages qui ne m’ont pas convaincue. Il y a des scènes entières qui sont complètement WTF. Si le premier meurtre est plutôt crédible, je n’ai rien à redire là-dessus, les suivants sont bien en dessous du niveau attendu. La seconde attaque sort de n’importe où. La scène du restaurant est hyper bizarre, et je l’ai trouvée forcée, et puis ça part en vrille sans raison valable. Il fallait faire en sorte que Seb et l’autre homme soient vraiment attaqués à la limite. En légitime défense j’aurais mieux adhéré, parce que ça aurait été plus logique. La scène chez son patron c’est pareil, c’est du gros n’importe quoi. Ça sort d’où d’un coup ? C’est ridicule, c’est inintéressant à lire, c’est malsain et malaisant, et ça n’a aucun sens. Cette scène n’apporte RIEN à l’histoire ! Elle arrive comme un cheveu sur la soupe et on n’y croit pas. Sérieusement, qui croit à une scène comme ça ? Après si c’est un livre burlesque qui joue sur l’humour absurde OK, mais ce n’est pas comme ça qu’il est présenté, donc je dis non. Et je dis stop aux scènes de Q sans arrêt aussi. Je me demande à quel public est destiné ce livre en fait (pas à moi clairement !). En fait le roman et surtout le personnage de Seb aurait été bien plus intéressants et profonds sans toutes ces scènes qui gâchent le récit. Je pense sincèrement qu’il y avait du potentiel, mais à vouloir en faire trop l’auteur est passé à côté. Tout le stratagème de Seb pour son ex, l’élimination de témoins gênants etc, c’est génial comme idée j’ai adoré. Mais ça aurait du être amené de manière plus sérieuse. Le livre en serait devenu vraiment chouette. La scène du jus de pomme… C’est une blague de Junior le Terrible ça, c’est une blague de gamin des années 90’s. Alors là vous allez me ressortir le second degré, et je vous dirai non. On ne peut pas tout cacher sous le second degré. Faut penser aux gens qui vont LIRE ce livre et cette histoire. On mérite un minimum de qualité et on mérite des blagues d’adultes, rigolotes, qui ont passé le niveau pipi caca et qui encore une fois ne sont pas crédibles.

Je suis hyper dure je le vois bien mais je n’ai vraiment pas aimé ce roman. Je n’ai pas passé un bon moment à le lire, or ça devrait être la priorité d’un auteur. Je sais qu’il y a des messages et des dénonciations forts dans ce livre, je les ai vus. Mais ça ne fait pas tout. L’histoire proposée par dessus doit être de qualité, avec des personnages et des aventures crédibles, intéressantes et matures. Ou alors il faut changer la classification de ce roman. De thriller faut le passer à roman absurde… Je suis vraiment désolée d’écrire autant de choses négatives, je n’aime pas faire ça, mais il y avait du potentiel et des bonnes idées, et c’est dommage d’avoir un livre comme ça entre les mains au final :(…

EN BREF : L’auteur a voulu parler de sujets forts, actuels et intéressants, mais la forme gâche malheureusement tous ses efforts à mes yeux. Les personnages ne sont pas crédibles, les péripéties non plus. L’humour est d’un niveau très bas, et le second degré ne justifie pas tout. Si on compte les scènes de Q malaisantes qui n’apportent rien, on obtient un roman que je n’ai pas aimé lire, malgré les bonnes idées de l’auteur.

Minuit moins cinq Fiche Babelio

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